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La codéine est un opiacé dérivé de la morphine. Elle est utilisée comme médicament dans le traitement de la toux sèche et des douleurs modérées à intenses. Compte tenu de ses effets secondaires, potentiellement graves, son utilisation thérapeutique fait l’objet de nombreuses précautions d’emploi, en fonction des différentes catégories de patients.  

Qu’est-ce que la codéine ?

La codéine appartient à la famille des opiacés, c’est-à-dire un ensemble de substances naturelles ou synthétiques proches de la morphine (médicament contre les douleurs intenses). La morphine et la codéine sont extraites de l’opium (pavot somnifère), d’où le terme d’opiacés. La structure chimique de la codéine est très proche de celle de la morphine.

Propriétés thérapeutiques de la codéine

Indications thérapeutiques de la codéine

La codéine est utilisée en tant que médicament dans 2 types d’indications thérapeutiques.

  • Le traitement de la toux sèche : la codéine est antitussive et supprime le réflexe de la toux au niveau du système nerveux central. Elle est donc adaptée aux toux sèches et irritatives, mais ne doit surtout pas être utilisée lorsque la toux est ou devient grasse.
  • Le traitement des douleurs modérées à intenses (antalgique de palier II) : la codéine est un médicament antalgique plus puissant que le paracétamol et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (antalgiques de palier I). À l’inverse, elle est 10 fois moins puissante que la morphine (antalgique de palier III) pour soulager la douleur. Elle est donc indiquée dans le traitement des douleurs modérées à intenses, non soulagées par des antalgiques de palier I.

Codéine : sous quelles formes ?

La codéine est disponible sous différentes formes pharmaceutiques selon son indication :

  • en sirops, souvent associée à d’autres principes actifs notamment végétaux (cinéole, serpolet, grindélia, terpine…) ;
  • en gouttes, comprimés ou gélules, associée à d’autres principes actifs comme le paracétamol, la caféine ou l’aspirine ;
  • par voie veineuse, de manière exceptionnelle. 

Effets secondaires de la codéine

La codéine est à l’origine de plusieurs effets secondaires, plus ou moins importants selon les personnes :

  • des nausées et vomissements ;
  • une constipation par ralentissement du transit intestinal, qui peut nécessiter la prescription de médicaments laxatifs ;
  • des troubles gastro-intestinaux, en particulier des spasmes douloureux chez les patients ayant eu une ablation de la vésicule biliaire ;
  • une dépression respiratoire (diminution de la fonction respiratoire) ;
  • des troubles du sommeil (insomnie ou au contraire somnolence) ;
  • une sédation ;
  • une euphorie (essentiellement à des doses élevées) ;
  • des réactions d’intolérance ou d’allergies à la codéine. 

Attention ! L’usage sur une période prolongée de codéine peut, comme pour la morphine, entraîner un phénomène de dépendance physique et psychique. L’arrêt du traitement peut alors provoquer un syndrome de sevrage (accentuation des symptômes traités par la codéine, sensation générale de malaise physique et psychique). C'est pour cette raison que la codéine est assimilée par la réglementation à un stupéfiant.

Précautions d’emploi de la codéine

Codéine et enfants

Compte tenu des effets secondaires de la codéine sur la fonction respiratoire, son utilisation thérapeutique a été récemment restreinte aux adultes. Elle est déconseillée chez les enfants de moins de 15 ans et contre-indiquée avant l'âge de 12 ans, même si elle peut être occasionnellement prescrite sur avis médical dans des circonstances particulières. De même, elle ne doit pas être utilisée chez les adultes souffrant de maladies respiratoires, telles que l’asthme ou la bronchite chronique.

Codéine et femmes enceintes

Il est recommandé de ne pas prendre de codéine durant la grossesse, quel que soit le trimestre, ni au cours de l’allaitement. Cependant, un médecin peut en cas de nécessité prescrire de la codéine au cours de la grossesse, pendant une durée la plus courte possible et à une posologie réduite au maximum. Les études cliniques effectuées ne montrent qu’une faible augmentation non significative des malformations cardiaques en cas de prise de codéine pendant la grossesse. Le nouveau-né présente par ailleurs un risque de syndrome de sevrage à la naissance, si la mère a suivi un traitement long avec de la codéine.