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La grossesse est une période délicate pendant laquelle la femme enceinte doit préserver la santé de son bébé en évitant la prise d'un des nombreux médicaments allopathiques déconseillés. Certains médicaments peuvent cependant être utilisés lorsque le médecin les juge indispensables à la santé de la future mère. Existe-t-il des risques lorsqu'on mêle antidépresseurs et grossesse ? Ooreka fait le point avec vous !

Antidépresseurs et grossesse : association possible mais prudente

D'après les statistiques, on peut estimer que 10 à 20 % des femmes souffrent de troubles dépressifs pendant leur grossesse. Le mauvais état psychologique de la future mère peut avoir des conséquences néfastes pour le développement du bébé.

La prise d'un médicament antidépresseur peut remédier à ce problème et aucun de ces médicaments, utilisés en France, n'est contre-indiqué pendant la grossesse. La décision d'entreprendre ou de poursuivre un traitement antidépresseur peut donc être envisagée, au cas par cas, et en concertation avec un médecin traitant ou un psychiatre :

Si vous êtes enceinte et que votre médecin pense qu'un traitement antidépresseur est nécessaire, il doit vous proposer le médicament le plus adapté à votre cas, après une évaluation de son rapport bénéfice/risque spécifique, et le prescrire à la dose efficace la plus faible possible. 

Si vous tombez enceinte alors que vous êtes déjà sous traitement antidépresseur, vous ne devez pas arrêter votre traitement sans avis médical pour éviter le risque de rechute qui peut être sévère. L'adaptation du traitement (réduction des doses, remplacement ou arrêt du médicament) nécessite un accompagnement et une surveillance médicale pour contrôler les risques d'effets secondaires.

Lorsque l'utilisation de l'antidépresseur est poursuivie jusqu'à la fin de la grossesse, une surveillance particulière et un examen complet du nouveau-né à sa naissance sont nécessaires. 

Certaines catégories d'antidépresseurs sont plus indiquées que d'autres pendant la grossesse. En raison d'une meilleure tolérance, l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) recommande d'utiliser de préférence un des antidépresseurs inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) les mieux connus en cours de grossesse, comme la fluoxétine (Prozac®), la sertraline (Zoloft®), ou le citalopram (Seropram®).

Toutefois, le citalopram et l’escitalopram (Seroplex®) exposent à un surcroît d’allongements de l’intervalle QT de l’électrocardiogramme et à des torsades de pointes par rapport à d’autres antidépresseurs IRS, ainsi qu’à des surdoses aux conséquences plus graves.

Risques des antidépresseurs pour le bébé

En traversant le placenta, les antidépresseurs sont susceptibles d'affecter le fœtus et d'entraîner des effets secondaires sur le nouveau-né.

Des études portant sur les médicaments antidépresseurs les plus récents ont montré que les risques sur le développement du bébé sont minimes. Chez les femmes ayant utilisé des antidépresseurs pendant leur grossesse, le risque (plus important au cours du premier trimestre de la grossesse) de malformation ou de fausse couche (1,5 % des cas) est légèrement supérieur à celui observé dans la population générale (1 % des cas), mais il peut aussi être dû à d'autres causes associées (consommation d'alcool, tabagisme, âge avancé, etc.).

Des complications néonatales dues à la prise d’ISRS peuvent survenir dans 20 à 30 % des cas. Elles se manifestent, chez le nouveau-né, par des signes de nature et de gravité variées (insuffisance respiratoire, difficulté à s'alimenter, agitation...), peu graves et passagers pour la majorité des enfants. Ces symptômes sont dus soit à l'effet sérotoninergique de l'antidépresseur soit à un syndrome de sevrage. Le risque de prématurité ou d'influence sur le poids de naissance n'est pas établi, a priori.