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Une maladie nosocomiale peut être liée aux soins ou survenir lors d'une hospitalisation en dehors de tout acte médical.

Son origine peut être :

  • exogène quand elle est liée à l'environnement (eau, air, équipements, alimentation...) ou aux autres malades ou encore au personnel (on parle aussi d'infection croisée) ;
  • endogène lorsque le patient s'infecte avec ses propres germes (à la faveur d'un acte invasif et/ou en raison d'une fragilité particulière), ce qui est le cas le plus fréquent.

Si les infections nosocomiales ne peuvent être totalement évitées, le strict respect des règles d'hygiène permet d'en diminuer le risque. Un point s'impose à ce sujet.

Caractéristiques des maladies nosocomiales

Une infection est dite nosocomiale lorsqu'elle n'existait pas lors de l'entrée de la personne à l'hôpital.

De plus, il doit exister un délai d'au moins 48 h entre le moment de l'admission à l'hôpital et la survenue de l'infection. Ce délai permettant d'éliminer toute infection que la personne aurait contractée juste avant son entrée et pas encore visible à ce moment-là.

En ce qui concerne les infections de plaies opératoires, l'infection doit survenir dans les 30 jours qui suivent l'intervention. Ce délai est porté à un an pour les prothèses ou les implants.

Maladies nosocomiales : facteurs favorisants

Situation médicale du patient

L'apparition d'une infection nosocomiale est favorisée par la situation médicale du patient :

  • les âges extrêmes (même si l'âge moyen des personnes infectées n'est que de 62 ans) ;
  • l'immunodépression (en cas de chimiothérapie par exemple) ;
  • un mauvais état général (malnutrition, alcoolisme, tabagisme, etc.) ;
  • le diabète ;
  • l'obésité ;
  • les pathologies sous-jacentes telles que les pneumopathies, un traumatisme crânien ;
  • les personnes en fin de vie ;
  • la grossesse.

Autres facteurs indépendants du patient

On parle ici :

  • Des soins invasifs qui restent des actes à risques comme les actes de chirurgie orthopédique qui conduisent à la pose d'une prothèse, la pose de sonde urinaire, de perfusions, de drains, de cathéters.
  • D'un agent infectieux et sa capacité de virulence.
  • Des facteurs liés à l'organisation des soins et aux personnels comme une charge en soins élevée, le non respect des protocoles d'hygiène (lavage des mains, isolement, chronologie des soins), le turn-over des patients sur des durées de séjour courtes.
  • Des facteurs liés à l'environnement tels les circuits d'eau infectés par des légionelles ou encore la présence de peintures écaillées dans les chambres ou les couloirs.
  • Des lieux de soins, les plus fréquentés sont synonymes de risques augmentés car les agents pathogènes (qui induisent une maladie) y sont plus nombreux.

La gravité des infections peut, par ailleurs, être exacerbée par l'utilisation d'antibiotiques qui sélectionnent des bactéries résistantes aux traitements (la France détient, en Europe, le triste record du taux de résistance aux antibiotiques).

Historique d'une maladie nosocomiale

Il s'agit d'un microorganisme qui appartient soit à un réservoir humain soit à un réservoir environnemental et qui va être transmis de façon directe (par contact) ou indirecte à un récepteur, qui selon son profil (âge, état de santé, état immunitaire) développera ou pas une infection.

On entend par infections nosocomiales :

  • l'infection urinaire (40 %) liée à la pose d'une sonde urinaire, elles sont rarement graves ;
  • les plaies du site opératoire (13,5 %) ;
  • une infection de la peau et des tissus mous (11 %) notamment dans les services de long séjour et en psychiatrie ;
  • les septicémies (10,1 %) liées à l'introduction de cathéters dans les voies sanguines ;
  • les pneumopathies (10 %) liées aux intubations et aux actes de ventilation assistée en réanimation ;
  • les infections respiratoires hautes (9 %).

Les infections pulmonaires et les septicémies sont les plus graves et peuvent entraîner le décès (dans 25 % des cas).

On trouve principalement 3 bactéries responsables :

  • l'escherichia coli (24,7 %) ;
  • le staphylocoque doré (18,99%) ;
  • le pseudomonas aeruginosa (10%).

Maladie nosocomiale : conséquences et prévention

Il existe de nombreuses conséquences aux maladies nosocomiales :

  • Elles ont un coût humain par préjudice moral ou physique mais aussi un coût social avec la perte d'emploi, l'invalidité ou le décès qu'elles peuvent occasionner.
  • Elles ont encore un coût économique non négligeable avec des soins beaucoup plus lourds et longs.

La prévention passe par le respect de mesures de précaution :

  • Les visiteurs doivent se laver les mains avant et après la visite du malade.
  • Les patients doivent respecter les consignes de préparation notamment en cas d'intervention chirurgicale avec les douches antiseptiques, la dépilation des zones opérées, etc.
  • Le personnel doit respecter les protocoles de soins élaborés notamment par les CCLIN qui sont les centres de coordination de la lutte contre les infections nosocomiales.

Néanmoins, compte tenu des origines multiples des infections nosocomiales, on estime à 70 % la proportion de celles qui ne pourraient pas être évitées.