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Iatrogénie vient du grec « iatros » qui signifie médecin et de genesis qui engendre. La iatrogénie médicamenteuse désigne les effets indésirables que l'on peut imputer aux médicaments et/ou les interactions médicamenteuses ayant des conséquences sur la santé d'un individu.

Les médicaments peuvent être en cause ainsi que les différents professionnels de santé mais aussi la personne elle-même notamment en cas d'automédication ou d'erreur dans la prise (la prise de médicaments est aujourd'hui banalisée et les risques sont souvent sous-estimés). Découvrons-en plus à ce sujet.

Comment se traduit la iatrogénie médicamenteuse ?

Les effets indésirables peuvent aller d'une simple fatigue, de nausées, à un accident plus grave voire mortel tel qu'une hémorragie, une chute, une fracture de hanche, etc.

Ils ont pour origine :

  • une erreur dans la prise du médicament (mauvais horaire, doublement de la dose en cas d'oubli...) ;
  • des interactions entre les molécules lors de la prise simultanée de plusieurs spécialités ;
  • les effets indésirables liés au médicament (tels que des nausées, la diarrhée, la somnolence...) ;
  • les allergies (pouvant aller de la simple éruption cutanée au choc anaphylactique).

Tout le monde est concerné mais la polymédication, souvent liée à l'avancée en âge, en augmente le risque ; ce qui explique la mise en place d'une prévention active chez les plus de 65 ans qui éliminent plus lentement les médicaments et qui d'une manière générale sont plus sensibles, plus fragiles face aux médications.

La iatrogénie médicamenteuse concerne donc tout particulièrement le sujet âgé.

Iatrogénie médicamenteuse : quels médicaments concernés ?

Il s'agit :

  • des anticoagulants avec un risque hémorragique ;
  • des psychotropes avec un risque de confusion mentale, de délire, d'hallucinations ;
  • des anti-hypertenseurs avec un risque de chute ;
  • des diurétiques avec un risque d'hypotension ;
  • certains antalgiques forts (à base d'opiacés notamment) avec un risque de confusion mentale et de chute ;
  • les inhibiteurs de la pompe à proton (médicaments liés aux douleurs gastriques...) avec un risque de fracture en cas de traitement de longue durée et/ou d'ostéoporose et/ou associé à des corticoïdes au long cours.

Ces spécialités sont utilisées avec un risque assumé par le prescripteur c'est-à-dire qu'il établit une évaluation bénéfice-risque, sachant que les médicaments représentent tout de même une grande chance pour nous et que dans un même temps ils présentent certains risques selon l'état psychologique, somatique ou cognitif de la personne.

Facteurs de risque de la iatrogénie médicamenteuse

On retrouve plusieurs facteurs de risque :

  • L'âge : avec l'avancée en âge, les modifications physiologiques de l'organisme et notamment l'altération de la fonction rénale ont un impact sur les risques liés aux médicaments.
  • Les polypathologies et la polymédication : les personnes âgées, plus fragiles, présentent souvent plus d'effets indésirables que le reste de la population.
  • La dénutrition : souvent présente chez l'individu âgé, elle peut soit potentialiser les effets des thérapeutiques soit les diminuer. Il convient donc d'adapter les doses afin d'éviter essentiellement le surdosage ou l'inefficacité de la thérapeutique.
  • La mauvaise utilisation des médicaments : la non observance du traitement (dose, durée, moment de la prise...) et l'automédication peuvent avoir des effets néfastes sur l'organisme.
  • La sortie d'hospitalisation : il arrive que les personnes ne comprennent pas toutes les informations données lors de leur départ d'hospitalisation et se retrouvent avec plusieurs ordonnances encore valables. Certains risquent de cumuler les traitements d'autant qu'aujourd'hui une même molécule médicamenteuse peut porter plusieurs noms selon le laboratoire qui la délivre. Il arrive ainsi que des personnes prennent plusieurs fois la même molécule sans s'en rendre compte.
  • Les troubles de la déglutition : devant ce type de problématique, on peut avoir tendance à écraser les médicaments, ouvrir les gélules et mélanger le tout sans penser que la forme et l'entourage de la molécule ont un rôle important pour une délivrance progressive du principe actif ou dans le lieu de la délivrance (estomac, intestin grêle...). En agissant ainsi, on peut, si le médicament n'est pas écrasable, créer une toxicité médicamenteuse.
  • Certaines spécialités sont particulièrement à risques.

Prévention de la iatrogénie médicamenteuse

Elle repose sur les recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS) et de l'ANSM (agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) ainsi que sur la création d'outils avec notamment la liste des médicaments inappropriés pour les personnes âgées, les critères de repérage des patients à risque, la liste des médicaments écrasables ou non.