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On appelle thymorégulateurs ou normothymiques les médicaments destinés à réguler les troubles de l'humeur. Ils appartiennent à différentes classes thérapeutiques.

Ils sont utilisés en neuropsychiatrie pour soigner certaines pathologies maniaco-dépressives. Quels sont les médicaments thymorégulateurs et comment sont-ils employés ? Le point dans notre article.

Thymorégulateurs : quelles pathologies concernées ?

Les thymorégulateurs sont employés en traitement de fond de longue durée des états d'excitation maniaque ou de dépression, rencontrés dans :

  • les psychoses maniaco-dépressives comme les troubles bipolaires (alternance de dépression et de manie) ;
  • les syndromes dépressifs récurrents ;
  • certains troubles de la schizophrénie ;
  • certains états d'agitation ou d'instabilité émotionnelle.

Principaux médicaments thymorégulateurs : action et prescription

Les médicaments thymorégulateurs sont à base de molécules psychoactives qui agissent sur le cerveau. Ils corrigent le déséquilibre entre les neurotransmetteurs (substances chimiques qui contrôlent les fonctions nerveuses), mais leur mécanisme d'action n'est pas encore clairement établi.

Ils sont efficaces pour réduire la fréquence, la durée et/ou l'intensité des épisodes maniaques. Les médicaments normothymiques les plus utilisés en première intention sont des sels de lithium (Neurolithium, Téralithe). Une étude a par ailleurs montré que le lithium permettait une augmentation de la densité dendritique (connexions entre les neurones) chez les patients présentant des troubles bipolaires. Ainsi traités, ils peuvent atteindre une densité identique à celle des sujets sains, contrairement aux patients non traités par lithium pour lesquels elle reste inférieure.

En cas d’intolérance au lithium ou de contre-indications, ils peuvent être remplacés par :

  • des antiépileptiques : valpromide (Dépamide), carbamazépine (Tégrétol), divalproate de sodium (Depakote), lamotrigine (Lamictal) ;
  • des neuroleptiques antipsychotiques : olanzapine (Zyprexa), aripiprazole (Abilify), rispéridone (Risperdal), quiétapine (Xeroquel).

Le choix du médicament est déterminé en fonction des symptômes observés, mais aussi en prévision d’éventuels effets indésirables. La posologie quotidienne du médicament choisi est établie et contrôlée individuellement par le médecin. La dose minimale efficace est variable d'un sujet à l'autre et doit être adaptée progressivement en début de traitement. 

La prise régulière et à heure fixe du traitement conditionne son efficacité qui apparaît après quelques semaines. Les médicaments thymorégulateurs peuvent être, dans certains cas, associés entre eux ou avec d'autres médicaments psychotropes. Le traitement médicamenteux est souvent complété par une psychothérapie.

Précautions d'emploi des thymorégulateurs

Les thymorégulateurs peuvent provoquer des réactions plus ou moins importantes selon les patients et différentes selon le médicament employé. Leurs effets indésirables les plus fréquemment rencontrés en début de traitement sont : des vertiges, une somnolence, des tremblements fins des mains, une prise de poids, des troubles de la vue ou des troubles cutanées.

Le traitement par un thymorégulateur demande une surveillance biologique (dosage sanguin du médicament ou bilan rénal et hépatique) périodique (tous les 2 à 3 mois) afin d'éviter une toxicité par surdosage.

Une attention particulière de surveillance de toxicité est nécessaire en cas de forte transpiration, de régime amaigrissant, de diarrhées ou de vomissements, et en cas d’association avec certains médicaments. En période de canicule, une surveillance étroite est également nécessaire, car ces médicaments peuvent dérégler le thermostat central de l’organisme et provoquer une augmentation de la température.

Tous les thymorégulateurs sont déconseillés pendant la grossesse ou l'allaitement, et avec la consommation d'alcool. Ils sont aussi contre-indiqués en cas de :

  • pathologie hépatique ou rénale ; 
  • lésion cérébrale ;
  • déshydratation ou déplétion sodée (manque d'ion sodium dans le sang). 

En raison du risque de rechute de la pathologie traitée, l’arrêt du médicament thymorégulateur ne doit pas être entrepris sans avis médical.

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