Dangers du paracétamol

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka

Sommaire

 

Molécule la plus prescrite en France, le paracétamol est également la molécule la plus achetée : quelque 500 millions de boîtes en 2012. Sa consommation a augmenté de 53 % en 10 ans.

Mais cette molécule (acétaminophène), connue de tous via ses multiples marques (Doliprane®, Efferalgan®, Actifed®…), a tendance à être banalisée par les patients qui y ont d'ailleurs accès sans prescription. Bien que sûre, il n'en reste pas moins qu'elle peut avoir des effets secondaires gravissimes. Mise au point pour une prise en charge plus responsable.

Dosage du paracétamol

Le paracétamol ou acétaminophène est une molécule antalgique (anti-douleur) et anti-pyrétique (fait baisser la fièvre). Par contre, elle ne possède pas de propriétés anti-inflammatoires ou anti-cicatrisation :

  • Ce médicament de référence peut être donné aux femmes enceintes quel que soit le terme de la grossesse et aux nourrissons, il est bien toléré et présente peu d'interactions avec d'autres médicaments.
  • Cependant, son mécanisme d'action n'est pas, encore aujourd'hui, complètement connu. Il agit principalement au niveau du système nerveux central et au niveau périphérique.

Afin de mieux l'administrer, au bon moment et aux bonnes doses, il est important de connaître son mode d'élimination, sa demi-vie et sa résorption (disparition complète par absorption) :

  • Ainsi, pour le paracétamol, on constate sa résorption digestive complète entre 20 à 60 minutes.
  • Sa demi-vie est de 2 à 3 heures d'où une administration préconisée toutes les 6 heures et enfin, son élimination est à 95 % urinaire après une métabolisation par le foie.

Enfin, il est important de ne pas dépasser les doses maximales recommandées, qui sont :

  • chez l'adulte : 4 g sur 24 heures en 4 prises espacées de 6 heures ;
  • chez l'enfant : 60 mg par kilo sur 24 heures en 4 prises.

Paracétamol : les effets secondaires reconnus

Au-delà des doses recommandées, il est reconnu plusieurs effets secondaires graves au paracétamol.

Effets du paracétamol sur le foie

Le paracétamol peut être toxique pour le foie. D'ailleurs, en France, c'est la première cause de greffe de foie pour hépatite aiguë grave. Et avaler une grande quantité de paracétamol d'un seul coup peut provoquer une hépatite fulminante, la plupart du temps mortelle.

Cette toxicité s'explique par le mode de métabolisation du paracétamol :

  • une fois ingéré, il est transformé par le foie en un métabolite toxique (N-acétyl p-benzoquinone imite) ;
  • or, ce métabolite est capable de détruire les cellules du foie en cas de surdosage.

Effets sur le rein

Une fois transformées par le foie, les substances toxiques circulent jusqu'aux reins, ce qui explique également sa toxicité pour le rein.

En cas d'intoxication, il faut se rendre de façon urgente à l'hôpital où on vous administrera un antidote qui protégera le foie :

  • Mais attention, les signes d'alerte de surdosage sont assez faibles dans les premières 24 heures.
  • C'est pourquoi, il est important de bien respecter les doses et de lire les notices des médicaments pour éviter d'augmenter les doses de paracétamol sans le savoir, certains médicaments pouvant contenir du paracétamol sans que vous le sachiez ou augmenter sa toxicité (notamment les médicaments utilisés pour lutter contre les douleurs, la fièvre, les allergies, les symptômes du rhume ou un état grippal).

Autres effets supposés

Des études ont également montré que le paracétamol :

  • pouvait favoriser l'asthme ;
  • l'hypertension artérielle chez les femmes pourrait également être maximisée par le paracétamol ;
  • on parle également de risque plus important sur la fonction auditive ou encore d'un profil permettant de minimiser le stress et l'anxiété.

Début mars 2015, une étude paraît dans la revue Annals of Rheumatic diseases. Si elle ne remet pas en cause les qualités du paracétamol, l'étude montre que le paracétamol pourrait accroître le risque de mortalité et met en avant des risques cardio-vasculaires, des risques de troubles gastro-intestinaux, et celui de provoquer des hémorragies digestives sur le long terme.

S'il faut rester prudent quant aux résultats de cette étude, elle pointe le doigt sur le besoin d'investigations plus poussées et surtout sur l'effet de banalisation qui a gagné patients et médecins : le paracétamol est un médicament sûr et efficace mais cela reste un médicament avec des effets indésirables et des effets secondaires, il ne faut pas le prendre sans indications précises ni à des doses fantaisistes ou sur le long terme…

Ses effets secondaires reconnus sur le foie (risques de lésions graves) et les reins en cachent peut-être d'autres qui devront être confirmés par de nouvelles études cliniques. Le paracétamol : oui aux doses recommandées et pendant un laps de temps court (3 jours en cas de fièvre, 5 jours en cas de douleur, en l'absence d'ordonnance). Il faut garder en tête que les doses dangereuses sont variables en fonction des personnes.

Précautions pour prendre du paracétamol sans danger

Pour prendre du paracétamol, il faut aussi tenir compte de certaines précautions :

  • Il ne faut pas l'associer à de l'alcool, que ce soit en prévention d'une « gueule de bois » ou en cas d'alcoolisme avéré, car celui-ci renforce sa toxicité sur le foie.
  • Certaines personnes dénutries, les nourrissons dont le foie n'est pas mature, les personnes présentant une atteinte hépatique, celles de plus de 65 ans doivent minimiser les doses consommées car elles sont plus sujettes à ces effets indésirables.
  • Comme beaucoup de molécules, le paracétamol ne doit pas être pris au long cours sans un suivi rigoureux. Le mieux est la dose la plus faible sur un laps de temps le plus court possible. Au-delà de 2 à 3 semaines à une dose maximale de 4 g pour un adulte, il n'est pas prudent de continuer à prendre cette molécule.
  • Cela est d'autant plus vrai Chez la femme enceinte, puisque « de plus en plus de recherches épidémiologiques et expérimentales suggèrent que l'exposition prénatale au paracétamol pourrait altérer le développement fœtal », indiquent la Food and Drug Agency et l'Agence européenne du médicament.
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